04 juillet 2009
?
que venez vous faire ici ?
à cette heure qui plus est
oh, peu importe l'heure
vous avez bien raison
l'heure n'entre pas en ligne de compte
ou de conte dites-vous ?
allez savoir
vous vous êtes sans doute égaré?
vous êtes venu tout exprès ?
ah ?
mais pour quelle raison ?
nous nous connaissons ?
non je ne crois pas
je me souviens des visages
le vôtre est parfaitement inexistant
vous venez Lire ?
vous vous êtes sans doute trompé d'adresse
rien à lire par ici
ou si peu
si peu
et si ...
si ...
tellement ...
tant ...
rien
je n'ai rien dis
je ne dis rien
vous êtes venu sur recommandation ?
vous avez lu mon nom dans une liste ?
oui je sais c'est un phénomène que je ne m'explique pas
mon nom dans des listes
chez des personnes que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam
et qui
si je ne me trompe
ne me connaissent pas non plus !
extraordinaire
incompréhensible
tellement étrange
sont-ce de vraies personnes ?
de chair et d'os je veux dire
ou bien des créatures immatérielles ?
de purs esprits ?
je vous demande
parce que peut-être vous les avez rencontrés ?
non ?
ah ...
je suis désolée que vous vous soyez dérangé pour venir jusqu'ici
vous venez de loin ?
parce que je n'ai rien à vous proposer
il 'y a plus rien ici
rien que de petites choses
une vitrine de bibelots démodés
points de rêves
je n'en ai pas
point d'histoires
je n'en connais pas
pas d'imagination
il y longtemps que j'ai cédé mon stock pour une bouchée de pain
je n'en ai plus
ni dessin
ni masque
même plus d'état d'âme
je n'ai pas renouvelé ma collection depuis si longtemps
tout à disparu
mangé aux mites
à moins que ce ne soit les mythes
non pas ça non plus
je n'y connais goutte
anesthésie générale
à moins que ce ne soit amnésie générale
il y a bien peut-être dans un coin, un peu d'artisanat
parce que voyez-vous
mes mains
mes mains continuent à vivre
elles sont seules
comme des célibataires qui vivraient par deux
avec leur intelligence bien à elles
leur petite vie et leur sensibilité
elles ne demandent rien à personne
elles existent
elles œuvrent
elles sont tout moi
ou je suis tout elles
je ne sais plus
vous comprenez ça vous ?
qui venez de si loin ?
mais pardon
nous ne nous connaissons pas
je ne veux pas abuser de votre temps
vous vous étiez égaré
et il vous faut reprendre votre route...
02 juillet 2009
nouveau message

nouveau message, nouveau message
j'ai bien du mal à en écrire
suis tellement tant fatiguée
qu'en fin de journée après dix heures de travail non stop, et par cette chaleur
je ne pense plus
je me liquéfie
et je savoure le bonheur d'une conscience en repos
conscience de la tâche accomplie
du savoir transmis
et de ces heures de bonheur apportées aux autres
et donc de ce bonheur partagé
cette sensation d'être précisément là où je dois
d'être exactement ce que je suis
alors là oui
je suis bien
30 juin 2009
j'avais raison,

Van Gogh - la nuit étoilée
tu vois Lulu
j'lavais bien dit
qu'un jour
pfttt
tu disparaîtrais comme ça hop
sans crier gare
tu vois Lulu
j'suis' cuite
autant qu'on peut l'êt
et c'est encore à toi qu'je pense
j'avais fait d'toi mon ami
oui, j'sais
une décision unilatérale de ma part
ça pour sûr
on m'l'a d'jà dit
c'est pas com'ça qu'ça marche
mais tu vois Lulu
moi
dans ma pt'i't tête
d'm'oineau écervelé
j'métais dit qu'ça y était
c'était l'pérou
l'nirvana
une potesse
un copain
j'sais pas
et j'men fous
y'avait queq'chose
j'sais pas quoi
mais dans ma caboche
pas farouche et un peu simple, j'l'avoue bien humblement
j'métais d'jà monté l'film
p'tain Lulu
c'soir j'su seule
et aujourd'hui
t'es pas v'nu
alors, bonne nuit Lulu
sous les étoiles
j'men vais penser à toi
28 juin 2009
en douce

le temps file
file
on croirait qu'il accélère
les jours sont bondés
comme des métros aux heures de pointe
heures pressées, compressées, saturées
elles se piétinent et se bousculent
je crois bien même
en avoir entendu qui s'invectivaient
trop courtes
trop menues
ténues
si petites
trop peu nombreuses
manquent d'effectif
la crise sans doute
on croiraient qu'elles filent en douce
histoire de ne pas me laisser le temps...
24 juin 2009
qu'importe le message
juste un passage
tourner des pages
pas de présage 
MORITA Rieko - Ohzenji Persimmon Tree - 2006 - 174×180









