31 mars 2009
cet instant

Anne-Marie Zilberman
il y eut cet instant
ce temps si court
ce presque rien
il y eut cet instant de folle lumière
soleil immense
couleurs surannées des pensées
un bouquet de jonquilles
d'un massif communal
les bouquets roses
des prunus de l'avenue
des enfants babillards
des vieillard boitillants
et ce petit en poussette
et cette mère attentive
ce couple âgé
bras dessus bras dessous
ce fut un instant bref
à la fois vif et serein
et pourtant ordinaire
de cet ordinaire
qui parfois asphyxie
et parfois me libère
un nocturne de Duchâble
passait à la radio
j'embrassai tout
d'un regard attendri
et pensai apaisée
que me voilà guérie
30 mars 2009
mondes parallèles

il vit sa vie
il vit ses vies
des vies parallèles
des mondes parallèles
une vie pleine et entière
emplie de mondes
danseur
lycéen
wowiste
adolescent
bientôt seize ans
et déja tant de vie
heureux
avide
et lumineux
chapeau bas, l'artiste
29 mars 2009
partita num.3 in E major, BWV 1006
-pour moi ce soir ce sera
une partita !
et une !
pour accompagner la nuit
revivre la jour qui s'est endormi
se remémorer les instants de soleil
juste sentir le vie qui palpite
Van Gogh
-
28 mars 2009
L'Oral et Hardi
textes de Jean Pierre VERHEGGEN
mise en scène Jacques BONNAFFE
avec Jacques Bonnaffé et Louis Sclavis
BARRE-TOI L’OIE
Barre-t’oie ! Barre-t’oie ! Bouge tes couilles, l’oie ! Fais gaffe à ton foie ! I dégénère de manière dangereusement culinaire ! Du reste, vise ton postère. Tu balaies la poussière quand tu marches, ma chère ! T’arrives même plus à éviter les flaques ! T’es trop grasse ! Et grasse, grasse, grasse, c’est glas, glas, glas pour toi, tu connais la chanson ! C’est : il était ton foie dans l’Sud-Ouest, n’est-ce pas ! C’est western réveillon ! T’as beau cacarder, ton dernier quaquart d’heure est arrivé ! Ton Angelus de Maïs (ou de Milet ou de Blé concassé, qu’est-ce que je sais ? je n’suis pas grainetier !) a sonné, ma vieille ! Tu t’es laissée trop gaver. T’as pris d’la bouteille ! Te voilà cloutée de truffe comme un Christ en croix !
Ah ! ça n’va pas !
Mange moins ou merde. Ou alors fais ton athlète. Dégage. Dégraisse. Dépense tes réserves. Leste-toi de l’artichaut qui te sert de croupion. Cours au cul des canards ou prétexte une bonne indigestion. Fais ta sucrée. Regimbe. Renâcle. Crache sur ta bectance. Fais disette avant les fêtes ! Sans quoi, toi la Reine du Capitole, tu vas finir dans la casserole d’une cantine VIP pour bâfreurs de cholestérol.
Jean-Pierre Verheggen - Editions Gallimard
le temps a laissié son manteau
et i f'rait bien d'le r'mettre, le bougre, parce qu' on s' caille les meules, ma bonne dame
le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s'est vestu de brouderie,
De soleil luyant, cler et beau.
Il n'y a beste, ne oyseau,
Qu'en son jargon ne chante ou crie
Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye.
Riviere, fontaine et ruisseau
Portent, en livree jolie,
Gouttes d'argent, d'orfaverie ;
Chascun s'abille de nouveau
Le temps a laissié son manteau.
Charles d'Orléans
Recueil : Rondeaux
27 mars 2009
sur l'oreiller
26 mars 2009
avis de recherche
beaucoup de recherches par mot clef pour "Clémentine Hutin" sur ce blog ce jour
alors Lulu si tu te reconnais laisse moi tes coordonnées et je te mettrai en contact avec cet internaute qui adore tes commentaires sur une site vachement hot
ça mange pas de pain de rendre un p'tit service de temps en temps
je suis pour les rapprochements
entremetteuse ?
une reconversion à envisager
mains
je regarde toujours les mains avant les idées
Romain Gary 1914-1980
Le Caravage - la diseuse de bonne aventure - détail
25 mars 2009
Jean Tardieu

AUCUN LIEU
extrait du recueil "L'accent grave et l'accent aigu"
Chants perdus
Il n'y a
aucun lieu
ici
ni ailleurs.
Ici n'existe pas.
Ailleurs n'est pas.
Nous n'avons rien.
à chercher.
Attendre en vain.
Il faut habiter le temps
multiple,
lui ressembler.
Avec lui comme lui
sans m'arrêter
je passe
disant adieu
jour après jour
aux figures
que la nuit
vertigineuse
emporte.
24 mars 2009
aride
et moi , n'étant pas poète, j'ai déjà un pied dans la boîte ; je ne fais rien chanter, je ne fais rien fleurir; je suis stérile de cette vie qui sourit; je suis aride de cette sève qui anime, sèche de cette humidité qui réjouit





