29 août 2009
de retour le 3 septembre
Rameau, Platée, La Folie
quand la maestria ne manque pas d'humour
un morceau de bravoure avec le sourire
s'il vous plaît
"Vous allez disparaître et moi me réveiller."
Christina's world - Andrew Wyeth
et le rêve s'en est allé
parti dans la lande
alors j'ai laissé l'archet murmurer
son chant remplir l'espace
respirer à mon oreille
sans doute pouvais-je entendre ses secrets
mais mon esprit s'égarait
je le laissais errer
et poursuivre une chimère
mais je n'avais pas d'aile et le rêve s'en est allé
27 août 2009
légèreté
au jardin - Charivarii
il y a parfois la légèreté de l'instant
insouciante comme devrait être l'enfance
ronde et translucide
chapelet de petites notes qui trottent
galopent
un air qui sent le frais
qui donne envie de marcher sur la pointe des pieds, au petit matin, dans la rosée
égraine le chapelet des souvenirs
tombent une à une les perles de mémoire
ribambelle sautillante
enchante...
enchante...
26 août 2009
je n'ai rien prévu pour ce soir
eh! oui
ou plutôt
eh! non
rien au menu ce soir
pas eu le temps de préparer
pas de petit plat mijoté
pas d 'entrée ni de dessert
j'ai sorti un plat tout prêt de chez Youtube
un spectacle qui m'est revenu en mémoire
un truc savoureux
c'est un des meilleurs morceaux qu'il m'ait été donné de déguster dans un théâtre ces dernières années
la preuve
c'est que j'en conserve le délicieux et si réjouissant fumet
c'est un curieux plat associant avec joie humour et panache, la musique baroque de Monsieur Rameau, la danse, toutes les danses et les richesses de la vidéo
les cuisiniers qui nous ont mitonné ce festin exotique sont messieurs Hervieux et Montalvo
je vous le sers tel quel
sans fioriture
à la bonne franquette comme on dit
si vous voulez un peu de rab
vous en aurez plein chez Youtube
n'hésitez pas à piocher dans le plat
c'est tout plein de jolies surprises
rien que d'y penser j'en ai le sourire
bon appétit
25 août 2009
j'écoute
et n'entends plus la forge de mon cœur
"Nu bleu couché" - Nicolas de Staël
je t'écoute
et n'entends plus
la musique s'en va chanter dans le vent d'hier
autant en emporte nos vies
longues ensembles
tant de temps
de vents qui murmuraient se sont tus
réinventer la chanson et battre encore le fer
rallumer la forge, mais il est bien tard, et la chair est glacée
ne reste que le charbon, la suie, l"indéfinissable mélancolie
Pascal Bournet, Henrique Alberti play John Mc Laughlin & Astor Piazzola
24 août 2009
concordance
c'est si précisément
si exactement
cela
ce je ne sais quoi qui donne envie de rire et pleurer à la fois
qui réveille du fond des entrailles je ne sais quel souvenir millénaire
quel animal mythique endormi s'est-il soudain ébroué
pourquoi
pourquoi si précisément
comme si... comme si...
l'ai-je déjà entendu
connu vécu
était-ce ici ou là
dans quelle portée errais-je
il doit y avoir si longtemps
c'est si précisément exactement cela
étais-je musicien, note ou instrument
envie de rire et pleurer à fois
le cœur prêt à éclater
un larme tranquille roule
et se libère
apaisée
étreindre
enlacer bercer
coeur à coeur
accord
concorde
j'ai oublié les maux et je vis encore un peu
23 août 2009
pomodori

"les tomates de Robert" - Charivarii
j'aurais souhaité composer un hymne pour ces joyaux
ces merveilles de l'été
offerte d'un cœur généreux par un voisin tout aussi généreux
comme en hommage
car la campagne et les siens sont généreux
la terre et les hommes de la terre
travailleurs ardents
aiment
leur métier
la terre
leurs bêtes
et par dessus tout, ils aiment partager
et je pense à eux
ils me manquent déjà
22 août 2009
Chant funèbre pour Ignacio Sanchez Mejias,
Federico García Lorca

"La mort du toréador" - Pablo Picasso
À cinq heures du soir.
Il était juste cinq heures du soir.
Un enfant apporta le blanc linceul
à cinq heures du soir.
Le panier de chaux déjà prêt
à cinq heures du soir.
Et le reste n’était que mort, rien que mort
à cinq heures du soir.
Le vent chassa la charpie
à cinq heures du soir.
Et l’oxyde sema cristal et nickel
à cinq heures du soir.
Déjà luttent la colombe et le léopard
à cinq heures du soir.
Et la cuisse avec la corne désolée
à cinq heures du soir.
Sur la pierre est couché Ignacio le bien né.
C’est fini. Qu’y a-t-il ? Contemplez sa personne :
La mort l’a recouvert de pâles fleurs de soufre
Elle lui a fait une tête de sombre minotaure
C’est fini. La pluie pénètre par sa bouche.
L’air comme affolé fuit sa poitrine creuse,
et l’Amour, imprégné de larmes de neige
se réchauffe au sommet des terres d’élevage.
Que dit-on ? Un silence empuanti s’installe.
Nous sommes en présence d’un gisant qui s’estompe,
près d’une forme claire qui eut des rossignols
et devant nous se crible de cavités sans fond.
merci
à tous pour vos commentaires
'Songe d'une nuit d'été" - Marc Chagall
02 août 2009
Romain Gary
"Les Racines du Ciel"
"Il est possible que ce qu'on appelle la civilisation consiste en un long effort pour tromper les hommes sur eux-mêmes"
je souhaite de bonnes vacances à ceux et celles qui en ont
et bon courage aux autres
(de retour aux alentours du 21 août )




