30 septembre 2009
un trente mars ou un autre jour
Monet - Gare Saint Lazare
ç'aurait pu être un trente mars ou un autre jour
peu importe
je me serais levée de bonne heure
si tôt que les arbres ensommeillés de la rue auraient été encore tout bruissants de leurs rêves de sève
se lever tôt et s'en aller à pas feutrés
souliers de satin à la main
ne pas déranger l'air qui dort
attraper le premier train ...
ç'aurait pu être un trente mars ou un autre jour
mais
le jour sans couleur apparait déjà
la réalité a supplanté le rêve
qu'importe puisqu'il faut se lever
29 septembre 2009
avec le coeur du chêne

La vague - William Bouguereau (1896)
avec le coeur du chêne
Robert DESNOS
Corps et biens
les ténèbres
Avec le bois tendre et dur de ces arbres, avec le cœur du chêne et l'écorce du bouleau combien ferait-on de ciels, combien d'océans, combien de pantoufles pour les jolis pieds d'Isabelle la vague?
Avec le cœur du chêne et l'écorce du bouleau.
Avec le ciel combien ferait-on de regards, combien d'ombres derrière le mur, combien de chemises pour le corps d'Isabelle la vague?
Avec le cœur du chêne et l'écorce du bouleau, avec le ciel.
Avec les océans combien ferait-on de flammes, combien de reflets au bord des palais, combien d'arcs-en-ciel au dessus de la tête d'Isabelle la vague?
Avec le cœur du chêne et l'écorce du bouleau, avec le ciel, avec les océans.
Avec les pantoufles combien ferait-on d'étoiles, de chemin de nuit, de marques de cendre, combien monterait-on d'escaliers pour rencontrer Isabelle la vague?
Avec le cœur du chêne et l'écorce du bouleau, avec le ciel, avec les océans, avec les pantoufles.
Mais Isabelle la vague, vous m'entendez, n'est qu'une image du rêve à travers les feuilles vernies de l'arbre de la mort et de l'amour.
Avec le cœur du chêne et l'écorce du bouleau.
Qu'elle vienne jusqu'à moi dire en vain la destinée que je retiens dans mon poing fermé et qui ne s'envole pas quand j'ouvre la main et qui s'inscrit en lignes étranges.
Avec le cœur du chêne et l'écorce du bouleau, avec le ciel.
Elle pourra mirer son visage et ses cheveux au fond de mon âme et baiser ma bouche.
Avec le cœur du chêne et l'écorce du bouleau, avec le ciel, avec les océans.
Elle pourra se dénuder, je marcherai à ses côtés à travers le monde, dans la nuit, pour l'épouvante des veilleurs. Elle pourra me tuer, me piétiner ou mourir à mes pieds.
Car j'en aime une autre plus touchante qu'Isabelle la vague.
Avec le cœur du chêne et l'écorce du bouleau, avec le ciel, avec les océans, avec les pantoufles.
27 septembre 2009
foxtrot
un petit morceau définitivement trop court
que j'écoutais en boucle
lorsque j'avais quinze ans
aimais-je Genesis ?
j'aimais sans doute
mais je ne retenais que ces quelques notes à la guitare
ce petit bout de musique
m' émouvait au delà du pensable
il ressemble à s'y méprendre à certains airs de guitare classique
musique que je ne connaissais pas encore
et que je devais découvrir un jour
bien plus tard
il existe décidément des résonances mystérieuses
26 septembre 2009
pour Lacan, coyote à ses heures, et le vénérable Monsieur P.
...
à trop chercher le sens on risque de perdre l'essence
25 septembre 2009
paradoxe
l'Air et l'Eau - M.C. Escher- 1898/1972
paradoxe
paradoxe
ah les jolis paradoxes
je m'en habille du soir au matin
je m'en tortille
du matin au soir
je m'en bimbelote
et ça grelotte
comme des pampilles
ça s'éparpille
ça se déguenille
ah paradoxe
mon paradoxe
dis moi qui de nous tant
sommes si différents
et je m'habille
chaque jour
d'un petit supplément
je ne vois plus que paradoxes
oh ! paradoxe
mon paradoxe
ne cherchons plus à comprendre
P.S. : Un paradoxe (Un paradoxe est une proposition qui contient ou semble contenir une contradiction logique, ou un raisonnement qui, bien...) est une proposition qui contient ou semble contenir une contradiction (Une contradiction existe lorsque deux affirmations, idées, ou actions s'excluent mutuellement.) logique, ou un raisonnement qui, bien que sans faille apparente, aboutit à une absurdité, ou encore, une situation qui contredit l'intuition commune. Le paradoxe est un puissant stimulant pour la réflexion. Il nous révèle soit les faiblesses de l'esprit humain et plus précisément son manque de discernement, soit les limites de tel ou tel outil (Un outil est un objet finalisé utilisé par un être vivant dans le but d'augmenter son efficacité naturelle dans...) conceptuel. C'est ainsi que des paradoxes basés sur des concepts simples ont souvent amené à de grands progrès en science (La science (du latin scientia, connaissance) relève Historiquement de l'activité philosophique, et fut pendant...) ou en philosophie.
24 septembre 2009
hier
j'ai relu les mots d'un passé sépia
j'étais alors âgée de dix-neuf ans...
et j'écrivais :
charivarii
il est un temps où le monde pleure tout haut ses
défunts
l'arbre pleure ses feuilles pareilles à son
ivresse
le temps pleure ses heures pareilles à son ennui
et
je pleure mes amants pareils à mes chagrins
23 septembre 2009
petit matin

Carl Larsson
qu'y a-t-il ce matin pour votre service ?
rien
absolument rien
un petit croissant de présent
qui sent le beurre frais
une tasse de thé
senteur de forêt
il y a le jour
qui se lève, paresseux
et dehors
tous ces bruits de la ville
lointains
presque timides
qu'y a-t-il ce matin pour votre service ?
rien
absolument rien
laisser le temps filer
allongé de tendresse
blotti au creux du bras
envahi de paresse
un zeste de lecture
un soupçon d'écriture
deux ou trois bolée d'air frais
compotée de fruits mûrs
et regarder le ciel
le vert du jardin
qu'y a-t-il ce jour pour votre service ?
rien
absolument rien
il y a la douceur
de la paix retrouvée
22 septembre 2009
féminin
contre ma peau , ta peau toucher
contre ton corps , mon corps couché
dessin pastel - charivarii
21 septembre 2009
clair-obscur
autoportrait en saint Paul - Rembrandt
au travers des mots
par transparence
dans les blancs qui les délient
dans ces espaces vacants
des souffles murmurés
infiniment de choses
l'entre les lignes
les interstices
les intervalles
susurrent
distillent
des nuances
infimes et légères
c'est entre les mailles
dans les ajours
dans les espaces laissés libres
qu'il me faut apprendre
ce que taisent les mots
dans les choix
à côté des raisonnements
images et métaphores
par delà le matériel des mots, verbes et structures
qu'il faut deviner
ce que qui ne se dira pas
de temps à autre lire
à la surface du texte
laisser s'épandre sans chercher à retenir
et puis fermer les yeux
capter ce clair obscur
empli d'humanité
pas de réalité
ni de vérité
seulement une intuition





