09 novembre 2009
la fin du poème
La fin du poème
Jean Tardieu
extrait de "l'accent grave et l'accent aigu"
C'est la fin du poème. Épaisseur et transparence, lumière et misère - les jeux sont faits.
On avait commencé par la rime pour enfant. On avait cherché des ondes de choc dans d'autres rythmes. On avait gardé le silence, ensuite murmuré : on cherchait à s'approcher du bruit que fait le cœur quand on s'endort ou du battement des portes quand le vent souffle. On croyait dire et on voulait taire. Ou faire semblant de rire. On voulait surtout sortir de son corps, se répandre partout, grandir comme une ombre sur la montagne, sans se perdre, sans rien perdre.
Mais on avait compté sans la dispersion souveraine. Comment feindre et même oublier, quand nos débris sont jetés aux bêtes de l'espace, - qui sont, comme chacun sait, plus petites encore que tout ce qu'il est possible de concevoir. Le vertige secoue les miettes après le banquet.
Commentaires
La fin d'un poème, le début d'un autre.
Rien ne se perd, tout se transforme...non?
Un beso.
@colo
je n'ai pas encore saisi tout le sens de ce texte
j'aime ce qu'il dit de la poésie, enfin du fait d'écrire de la poésie : "On avait gardé le silence, ensuite murmuré : on cherchait à s'approcher du bruit que fait le cœur quand on s'endort ou du battement des portes quand le vent souffle. On croyait dire et on voulait taire. Ou faire semblant de rire. On voulait surtout sortir de son corps, se répandre partout, grandir comme une ombre sur la montagne, sans se perdre, sans rien perdre."
ce passage là il m'émeut
et puis la fin du poème, je crois que c'est la fin de sa vie
belle journée à toi
bises
"On croyait dire et on voulait taire."
Je m'arrête à cette phrase de Tardieu, sous cette cascade de couleurs en dispersion (de qui?) - commencer et recommencer, chercher les mots, dire n'a pas de fin.
Oui, oui, tu as raison
C'est bien ce que je voulais dire....la fin de la vie se transforme en un beau texte qui me touche autant que toi. Merci.
Tardieu VS Aragon.
" Et quand il croit serrer son bonheur, il le broie. [...]
Et quand il croit ouvrir ses bras,
son ombre est celle d'une croix."
Enfin, je crois.
@Tania
oui Tania, cette phrase est je crois je qui m'a frappé en premier
j'ai lu et relu ce texte tant de fois
et il me plait de plus en plus
"dire n'a pas de fin"
et la toile permet de "dire" un peu plus et encore
j'ai mis le lien pour l'illustration et je n'ai pas trouvé d'autres renseignements
@Colo
merci de cette précision,
tu vois, je préfère la "dicussion" qui permet en direct, au fur et à mesure, de préciser sa penser, pour bien se faire comprendre
l'écrit, et encore plus le com. de blog, est bref et parfois je ne saisi pas bien
@Alex Cessif
croa croa
pardon :-))
Aragon est aussi un merveilleux poète
ces quelques vers me donnent envie de chercher le texte
merci et bonne soirée :-)
la fin de la fin du poème
"Le vertige secoue les miettes après le banquet" : j'aime bien la fin du poème :-)
@Carole
:-))
bonne journée
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