à mon seul désir

un jour n'être ni la fille ni la mère ni la femme, un jour être tout cela , et soi, un jour naître

09 novembre 2009

la fin du poème

Dispersion

"dispersion "

La fin du poème

Jean Tardieu

extrait de "l'accent grave et l'accent aigu"


C'est la fin du poème. Épaisseur et transparence, lumière et misère - les jeux sont faits.
On avait commencé par la rime pour enfant. On avait cherché des ondes de choc dans d'autres rythmes. On avait gardé le silence, ensuite murmuré : on cherchait à s'approcher du bruit que fait le cœur quand on s'endort ou du battement des portes quand le vent souffle. On croyait dire et on voulait taire. Ou faire semblant de rire. On voulait surtout sortir de son corps, se répandre partout, grandir comme une ombre sur la montagne, sans se perdre, sans rien perdre.
Mais on avait compté sans la dispersion souveraine. Comment feindre et même oublier, quand nos débris sont jetés aux bêtes de l'espace, - qui sont, comme chacun sait, plus petites encore que tout ce qu'il est possible de concevoir. Le vertige secoue les miettes après le banquet.

Posté par charivarii à 21:57 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

La fin d'un poème, le début d'un autre.
Rien ne se perd, tout se transforme...non?
Un beso.

Posté par Colo, 09 novembre 2009 à 07:26

@colo

je n'ai pas encore saisi tout le sens de ce texte
j'aime ce qu'il dit de la poésie, enfin du fait d'écrire de la poésie : "On avait gardé le silence, ensuite murmuré : on cherchait à s'approcher du bruit que fait le cœur quand on s'endort ou du battement des portes quand le vent souffle. On croyait dire et on voulait taire. Ou faire semblant de rire. On voulait surtout sortir de son corps, se répandre partout, grandir comme une ombre sur la montagne, sans se perdre, sans rien perdre."
ce passage là il m'émeut

et puis la fin du poème, je crois que c'est la fin de sa vie

belle journée à toi
bises

Posté par charivarii, 09 novembre 2009 à 09:01

"On croyait dire et on voulait taire."
Je m'arrête à cette phrase de Tardieu, sous cette cascade de couleurs en dispersion (de qui?) - commencer et recommencer, chercher les mots, dire n'a pas de fin.

Posté par Tania, 09 novembre 2009 à 09:41

Oui, oui, tu as raison

C'est bien ce que je voulais dire....la fin de la vie se transforme en un beau texte qui me touche autant que toi. Merci.

Posté par colo, 09 novembre 2009 à 09:57

Tardieu VS Aragon.

" Et quand il croit serrer son bonheur, il le broie. [...]
Et quand il croit ouvrir ses bras,
son ombre est celle d'une croix."
Enfin, je crois.

Posté par Alex Cessif., 09 novembre 2009 à 10:06

@Tania

oui Tania, cette phrase est je crois je qui m'a frappé en premier
j'ai lu et relu ce texte tant de fois
et il me plait de plus en plus

"dire n'a pas de fin"
et la toile permet de "dire" un peu plus et encore

j'ai mis le lien pour l'illustration et je n'ai pas trouvé d'autres renseignements

Posté par charivarii, 09 novembre 2009 à 19:13

@Colo

merci de cette précision,
tu vois, je préfère la "dicussion" qui permet en direct, au fur et à mesure, de préciser sa penser, pour bien se faire comprendre
l'écrit, et encore plus le com. de blog, est bref et parfois je ne saisi pas bien

Posté par charivarii, 09 novembre 2009 à 19:15

@Alex Cessif

croa croa
pardon :-))

Aragon est aussi un merveilleux poète
ces quelques vers me donnent envie de chercher le texte


merci et bonne soirée :-)

Posté par charivarii, 09 novembre 2009 à 19:17

la fin de la fin du poème

"Le vertige secoue les miettes après le banquet" : j'aime bien la fin du poème :-)

Posté par carole, 09 novembre 2009 à 22:24

@Carole

:-))
bonne journée

Posté par charivarii, 10 novembre 2009 à 13:12

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