à mon seul désir

un jour n'être ni la fille ni la mère ni la femme, un jour être tout cela , et soi, un jour naître

03 juin 2009

danse

IMGP0169

Posté par charivarii à 16:20 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

01 juin 2009

il serait temps

que j'écrive une peu
mais soit je deviens vieille, soit paresseuse,
penser me fatigue
et puis dire
comment dire
me paraît vain

pour dire ce que j'ai vu
pfff.... quoi dire ?
et puis
parler de son fils
de ses enfants en général
sans passer pour une mère poule gaga devant ses mômes
ce que je ne suis guère en vérité
pas facile
alors autant ne rien dire
se taire
garder tout ça pour soi
qui ça intéresse ?
c'est vrai quoi
rien à battre des chiards des autres
rien à ciré de leurs petites joies familiales
Ô combien ordinaires

alors j'ai laissé quelques poèmes
de ce spectacle globalement tarte
heureusement il y avait la poésie
et il y avait Théo

Posté par charivarii à 08:08 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

la nonne gitane

Théo danse...

tor_ro


LA NONNE GITANE


« Silence de chaux et de myrte.
Mauves dans les herbes fines
Sur une toile jaune paille
la nonne brode des giroflées.
Volent dans le lustre gris
les sept oiseaux du prisme.
Tel un ours panse en avant
loin de là grogne l’église.
Comme elle brode ! Quelle grâce !
Sur la toile jaune paille
elle aimerait bien broder
des fleurs à sa fantaisie.
Quel tournesol ! Quel magnolia
de faveurs et de clinquant !
Quels safrans et quelles lunes
sur la nappe de l’autel !
Cinq oranges en compote
cuisent dans l’office proche :
ce sont les plaies du Christ
cueillies près d’Almeria.
Dans le regard de la nonne
galopent deux cavaliers.
Une rumeur dernière et sourde
lui décolle la chemise,
la vue des monts et des nuées
dans les lointains arides
fait qu’alors son cœur se brise,
son cœur de sucre et de verveine.
oh, quelle plaine escarpée
sous l’éclat de vingt soleils !
Quelles rivières soulevées
entrevoit sa fantaisie !
Mais à ses fleurs elle s’applique
tandis que debout dans la brise
l’éclat du jour joue aux échecs
par les fentes de la jalousie. »

Federico García Lorca, Romancero gitan, Seghers, Collection Poètes d’aujourd’hui, 1973, pp. 135-136. Traduction d’Armand Guibert.

À José Moreno Villa


LA MONJA GITANA

« Silencio de cal y mirto.
Malvas en las hierbas finas.
La monja borda alhelíes
sobre una tela pajiza.
Vuelan en la araña gris,
siete pájaros del prisma.
La iglesia gruñe a lo lejos
como un oso panza arriba.
¡ Qué bien borda ! ¡ Con qué gracia !
Sobre la tela pajiza,
ella quisiera bordar
flores de su fantasía.
¡ Qué girasol ! ¡ Qué magnolia
de lentejuelas y cintas !
¡ Qué azafranes y qué lunas,
en el mantel de la misa !
Cinco toronjas se endulzan
en la cercana cocina.
Las cinco llagas de Cristo
cortadas en Almería.
Por los ojos de la monja
galopan dos caballistas.
Un rumor último y sordo
le despega la camisa,
y al mirar nubes y montes
en las yertas lejanías,
se quiebra su corazón
de azúcar y yerbaluisa.
¡ Oh!, qué llanura empinada
con veinte soles arriba.
¡ Qué ríos puestos de pie
vislumbra su fantasía !
Pero sigue con sus flores,
mientras que de pie, en la brisa,
la luz juega el ajedrez
alto de la celosía. »

Posté par charivarii à 08:05 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

31 mai 2009

poète, vos papiers !

Théo danse ...

Po_te

Bipède volupteur de lyre
Epoux châtré de Polymnie
Vérolé de lune à confire
Grand-Duc bouillon des librairies
Maroufle à pendre à l'hexamètre
Voyou décliné chez les Grecs
Albatros à chaîne et à guêtres
Cigale qui claque du bec

Poète, vos papiers !
Poète, vos papiers !

J'ai bu du Waterman et j'ai bouffé Littré
Et je repousse du goulot de la syntaxe
A faire se pâmer les précieux à l'arrêt
La phrase m'a poussé au ventre comme un axe

J'ai fait un bail de trois six neuf aux adjectifs
Qui viennent se dorer le mou à ma lanterne
Et j'ai joué au casino les subjonctifs
La chemise à Claudel et les cons dits " modernes "

Syndiqué de la solitude
Museau qui dévore du couic
Sédentaire des longitudes
Phosphaté des dieux chair à flic
Colis en souffrance à la veine
Remords de la Légion d'honneur
Tumeur de la fonction urbaine
Don Quichotte du crève-c?ur

Poète, vos papiers !
Poète, Papier !

Le dictionnaire et le porto à découvert
Je débourre des mots à longueur de pelure
J'ai des idées au frais de côté pour l'hiver
A rimer le bifteck avec les engelures

Cependant que Tzara enfourche le bidet
A l'auberge dada la crotte est littéraire
Le vers est libre enfin et la rime en congé
On va pouvoir poétiser le prolétaire

Spécialiste de la mistoufle
Emigrant qui pisse aux visas
Aventurier de la pantoufle
Sous la table du Nirvana
Meurt-de-faim qui plane à la Une
Ecrivain public des croquants
Anonyme qui s'entribune
A la barbe des continents

Poète, vos papiers !
Poète, documenti !

Littérature obscène inventée à la nuit
Onanisme torché au papier de Hollande
Il y a partouze à l'hémistiche mes amis
Et que m'importe alors Jean Genet que tu bandes

La poétique libérée c'est du bidon
Poète prends ton vers et fous-lui une trempe
Mets-lui les fers aux pieds et la rime au balcon
Et ta muse sera sapée comme une vamp

Citoyen qui sent de la tête
Papa gâteau de l'alphabet
Maquereau de la clarinette
Graine qui pousse des gibets
Châssis rouillé sous les démences
Corridor pourri de l'ennui
Hygiéniste de la romance
Rédempteur falot des lundis

Poète, vos papiers !
Poète, salti !

Que l'image soit rogue et l'épithète au poil
La césure sournoise certes mais correcte
Tu peux vêtir ta Muse ou la laisser à poil
L'important est ce que ton ventre lui injecte

Ses seins oblitérés par ton verbe arlequin
Gonfleront goulûment la voile aux devantures
Solidement gainée ta lyrique putain
Tu pourras la sortir dans la Littérature

Ventre affamé qui tend l'oreille
Maraudeur aux bras déployés
Pollen au rabais pour abeille
Tête de mort rasée de frais
Rampant de service aux étoiles
Pouacre qui fait dans le quatrain
Masturbé qui vide sa moelle
A la devanture du coin

Poète... circulez !
Circulez poète !
Circulez !

Posté par charivarii à 10:17 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

l'isolement

Théo danse...


2020

Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.

Cependant, s'élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N'éprouve devant eux ni charme ni transports ;
Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante
Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l'immense étendue,
Et je dis : " Nulle part le bonheur ne m'attend. "

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !

...

Alphonse de Lamartine
Méditations poétiques

Posté par charivarii à 10:16 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

le mot

Théo danse...


Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites !
                    Tout peut sortir d'un mot qu'en passant vous perdîtes                     ;
                    TOUT, la haine et le deuil !
                    Et ne m'objectez pas que vos amis sont sûrs
                    Et que vous parlez bas.
                    Ecoutez bien ceci :
                    Tête-à-tête, en pantoufle,
                    Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
                    Vous dites à l'oreille du plus mystérieux
                    De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,
                    Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
                    Dans le fond d'une cave à trente pieds sous terre,
                    Un mot désagréable à quelque individu.
                    Ce MOT — que vous croyez que l'on n'a pas entendu,
                    Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre —
                    Court à peine lâché, part, bondit, sort                     de l'ombre ;
                    Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;
                    Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
                    De bons souliers ferrés, un passeport en règle                     ;
                    Au besoin, il prendrait des ailes, comme l'aigle !
                    Il vous échappe, il fuit, rien ne l'arrêtera                     ;
                    Il suit le quai, franchit la place, et cætera
                    Passe l'eau sans bateau dans la saison des crues,
                    Et va, tout à travers un dédale de rues,
                    Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
                    Il sait le numéro, l'étage ; il a la clé,
                    Il monte l'escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive                    
                    Et railleur, regardant l'homme en face dit :
                    "Me voilà ! Je sors de la bouche d'un tel."
                    Et c'est fait. Vous avez un ennemi mortel.

Posté par charivarii à 10:16 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

la fontaine de sang


Théo danse...


 
la_fontaine_de_sang


Posté par charivarii à 10:15 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
« Accueil  1