06 octobre 2009
accroc
photo charivarii
tant de petites anicroches
minuscules coups de canif
dans le tissu fragile du quotidien
un rien
et mon cœur s'effiloche
un pincement
un grattement
rien
et le ciel s'assombrit
comment ne pas douter de soi
de l'autre
des petits contretemps
contrariétés infimes
et pourtant
la déchirure est là
dans l'étoffe sanguinolente du cœur
des larmes rouges
entachent le présent
font douter de l'avenir
et en séchant
désenchantent le passé
25 août 2009
j'écoute
et n'entends plus la forge de mon cœur
"Nu bleu couché" - Nicolas de Staël
je t'écoute
et n'entends plus
la musique s'en va chanter dans le vent d'hier
autant en emporte nos vies
longues ensembles
tant de temps
de vents qui murmuraient se sont tus
réinventer la chanson et battre encore le fer
rallumer la forge, mais il est bien tard, et la chair est glacée
ne reste que le charbon, la suie, l"indéfinissable mélancolie
Pascal Bournet, Henrique Alberti play John Mc Laughlin & Astor Piazzola
21 juillet 2009
my funny valentine
Raoul Dufy - la vie en rose
peut-être je tendrai ces bras blancs
la pointe des pieds pour se faire deviner
les bout des doigts pour seulement effleurer
la pointe du cœur pour ne pas s'engager
11 juillet 2009
il se fait tard
la musique apaise les tourments du jour qui sombre
s'assombrit le regard de l'enfant qui s'éloigne
il s'en va
mais qui peut savoir
quand il nous quitte
la musique apaise et ensorcelle
attendrit la chair rouge du cœur
Paul Klee - Hauptwege und nebenwege
08 juillet 2009
petit supplément

Marc Chagall - les amants bleus
si j'osais
j'en reprendrais bien un peu
chez les gens bien élevés ça ne se fait pas
c'est très incorrect
et pourtant
ce me serait un tel plaisir
reprendre un peu de ce bleu qui vous électrise
une once de cette âme couleur d'azur
me délecter de ce cœur que vous cachez
je me resservirais volontiers de cette lumière qui rayonne là
m'enivrerais encore de cette tendresse qui circule dans vos veines
m'en redonnerez vous un peu ?
dites ?
ou bien faut-il que je vous croque à nouveau ?
:-)
19 juin 2009
la muraille

elle s'effrite
elle s'écaille
s'écroule
se replie
s'entasse
elle s'écroule la pierraille
muraille de certitudes
érigée à l'ombre des années
j'avais cru
pourtant
que ma muraille était en pièces
à terre
mais j'avais oublié
de fouiller au cœur
encore un recoin
perdu
enfoui
négligé sans doute
oublié ce coin de mur
au fond d'un terrain devenu vague
un coup de semonce
et déjà tout s'éboule
dernier pan de certitudes
à terre
amas de pierre
26 mai 2009
hier au soir ...
faut qu'j'vous dise
c'était un de ces hiers
(t'as vu, "hier au pluriel")
de ces hiers d'un de ces soirs
il y a déjà pas mal de temps
un de ces soirs où
j'avais des velléités de commettre quelques phrases
mais...
tout compte fait...
j'vous aurais bien parlé du spectacle
de Paris, des Bouffes du Nord
Somewhere la Mancha
mais d'autres l'avaient déjà fait
et en bien mieux
y a pas à tortiller là dessus
j't aurais p't-être parlé du train
même du train de banlieu
parce qu'un train
quelle que soit sa classe
il part
il s'en va
il t'emmène
même à côté de chez toi
un train
même un vieux
un p'tit gris qu'tu crois q'tu vas mourir tout cuit
c'est beau un train qui part
je sais
y a des critiques, ceusse qu'on appelle littéraires qui disent que c'est un beau cliché un bout de phrase comme ça
moi j'ai été nourrie au cliché
nourrie à la guimauve à deux balle
alors déjà
pour moi
écrire sur les trains qui partent...
tu t'rends pas compte
rêve
oser écrire
seulement voilà
lorsque j'lis à côté
chez les forts en verbe
les polémiqueux de mon cœur
et de tout poil
ben moi
l'stylo m'en tombe
j'ai pu qu'l'image d'mes clichés à tartiner
mon beurre à la guimauve
qui t'fout mal au coeur
jusqu'à la gerbe
que quand j'me r'lis
j'me dis qu'vraiment
c'est d'la daube
d'la bleuette pour midinette
p'tin
j'ai quel âge
jamais j'pourrai grandir
sans doute j'pourrai vieillir
mais sans avoir grandi
j'vais juste me ratatiner
pomme pourrie
et guimauve à la gomme
en vl'à du cliché en vl'à !
24 février 2009
Tharaud-Satie
19 février 2009
où étais tu passé
où étais-tu passé
durant
tout ce temps
tu es parti sans crier gare
à peine les yeux
tournés
quelques instants
et pfuittt
plus personne
je me
suis démenée
pour te retrouver
mais tu es resté bien
silencieux
petit
discret
et tu n'as pas bougé
pourtant
à chaque instant
même dans le sombre
dans le nuit noire
je
te devinais
je sentais ta vibration
imperceptible
mais
proche
tu m'as délaissée
au seuil de l'hiver
quand
tout est gris
et tu t'en reviens
petit coquin
à la lueur du
soleil qui sourit
comme l'enfant prodigue
fêtons ton
avènement
promis
je ne te quitte plus
ni de l'oeil
ni
du doigt
je te surveille comme le lait sur le feu
je te garde
bien au chaud
tout près du coeur
je saurai désormais
qu'il suffit de regarder tout près de soi
pour retrouver son
petit bonheur égaré
15 décembre 2008
samba em preludio
un jour, j'ai rencontré cette musique
j'ai rencontré ces voix
cette chaleur
sensualité
voilà bien des années que je ne les ai pas écoutées
peut-être ai-je trop tardé
aujourd'hui tout me laisse froide
je neige
et j'ai le cœur à l'envers
Découvrez Vinicius de Moraes!














