05 juillet 2009
?
que venez vous faire ici ?
à cette heure qui plus est
oh, peu importe l'heure
vous avez bien raison
l'heure n'entre pas en ligne de compte
ou de conte dites-vous ?
allez savoir
vous vous êtes sans doute égaré?
vous êtes venu tout exprès ?
ah ?
mais pour quelle raison ?
nous nous connaissons ?
non je ne crois pas
je me souviens des visages
le vôtre est parfaitement inexistant
vous venez Lire ?
vous vous êtes sans doute trompé d'adresse
rien à lire par ici
ou si peu
si peu
et si ...
si ...
tellement ...
tant ...
rien
je n'ai rien dis
je ne dis rien
vous êtes venu sur recommandation ?
vous avez lu mon nom dans une liste ?
oui je sais c'est un phénomène que je ne m'explique pas
mon nom dans des listes
chez des personnes que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam
et qui
si je ne me trompe
ne me connaissent pas non plus !
extraordinaire
incompréhensible
tellement étrange
sont-ce de vraies personnes ?
de chair et d'os je veux dire
ou bien des créatures immatérielles ?
de purs esprits ?
je vous demande
parce que peut-être vous les avez rencontrés ?
non ?
ah ...
je suis désolée que vous vous soyez dérangé pour venir jusqu'ici
vous venez de loin ?
parce que je n'ai rien à vous proposer
il 'y a plus rien ici
rien que de petites choses
une vitrine de bibelots démodés
points de rêves
je n'en ai pas
point d'histoires
je n'en connais pas
pas d'imagination
il y longtemps que j'ai cédé mon stock pour une bouchée de pain
je n'en ai plus
ni dessin
ni masque
même plus d'état d'âme
je n'ai pas renouvelé ma collection depuis si longtemps
tout à disparu
mangé aux mites
à moins que ce ne soit les mythes
non pas ça non plus
je n'y connais goutte
anesthésie générale
à moins que ce ne soit amnésie générale
il y a bien peut-être dans un coin, un peu d'artisanat
parce que voyez-vous
mes mains
mes mains continuent à vivre
elles sont seules
comme des célibataires qui vivraient par deux
avec leur intelligence bien à elles
leur petite vie et leur sensibilité
elles ne demandent rien à personne
elles existent
elles œuvrent
elles sont tout moi
ou je suis tout elles
je ne sais plus
vous comprenez ça vous ?
qui venez de si loin ?
mais pardon
nous ne nous connaissons pas
je ne veux pas abuser de votre temps
vous vous étiez égaré
et il vous faut reprendre votre route...
05 mai 2009
dune
viens poser ta main
laisse errer tes doigts
dessine les contours
contourne les obstacles
vogue sur les cimes
navigue au creux des vagues
tes mains à flanc de dune
Charivarii
23 avril 2009
Herbert le Porrier
écrivain (1913-1977)
"Regarde le forgeron, le charpentier, l'ouvrier de la terre, tous ceux qui se battent avec la matière pour lui donner forme, regarde leurs mains et tu comprendras.
Il faut laisser venir des cals sur ton âme, du nerf dans ton cœur, de l'acier dans tes veines, sinon tu vas à la dérive comme une paille soufflée par le vent."
03 mars 2009
tenter en vain
pas là pour écrire
plutôt essayer de parler
pas là pour la postérité
seulement là pour exister
tenter
vainement
pathétiquement
d'être au présent
pas là pour écrire
pas là pour dessiner
ni pour photographier
pas là pour créer
là pour exister
tenter d'être
tentation tentaculaire
tendre mes mains
tendre en vain
tendre le cœur, mais c'est un leurre
ne sentir que le verre froid ; personne ne répond
pas là pour écrire
j'vous dit
pas là pour créer
rien de tout ça
je ne suis que moi
je ne suis rien que deux mains
tenter au présent
tenter vainement, même pas pour demain
d'exister maintenant
27 février 2009
il faudrait...
que j'oublie
que je grandisse
que j'oublie encore
que j'invente autre chose
que je continue
parce que je sais bien
on ne peut pas recommencer
il faudrait un peu d'amnésie
pour mes peurs
faudrait que je grandisse
que j'oublie mes dix ans
que je prenne confiance
que j'attrape à deux mains
les cornes de cette satanée vie
il faudrait le désir
parce que sans lui
rien n'est plus possible
30 décembre 2008
point of disgust
Découvrez Low!
j'ai souvent rêvé depuis
que tu venais me faisais signe
que nous reprenions
le cours de notre discours
ce discours qui ne disait rien
sinon que nous étions
il me semblait que j'appartenais alors
à la communauté des hommes
pas un souffle
n'est venu
et l'attente
à force d'être longue
m'a plongée dans la soir
bientôt j'aurai fini d'attendre
j'aurai pris mon parti













